
J’ai reçu Catherine la semaine dernière. Infirmière retraitée, 58 ans, pavillon des années 80 à Étréchy. Elle m’a dit : « Je nettoie les moisissures de ma salle de bain tous les mois. Ça revient toujours. » Ses fenêtres PVC étaient couvertes de condensation. Elle ouvrait ses fenêtres dix minutes chaque matin, persuadée de bien faire. Sauf que non. Son logement l’étouffait sans qu’elle comprenne pourquoi.
- Votre air intérieur est 5 à 9 fois plus pollué que l’air extérieur
- Ouvrir les fenêtres ne suffit pas : il faut un renouvellement d’air permanent
- La VMC hygroréglable type B convient à 80% des logements existants
- Comptez 2 000 à 7 700 € pour une VMC double flux, installation comprise
Pourquoi l’air de votre logement vous étouffe (et ce n’est pas qu’une impression)
5 à 9×
plus pollué : c’est l’écart entre l’air intérieur et l’air extérieur selon l’ADEME
Ce chiffre paraît fou. Pourtant, une enquête 2024 de Santé Respiratoire France confirme que 60% des logements français présentent des problèmes de qualité de l’air. Le problème ? Vos meubles, vos produits ménagers, votre cuisine, vos douches : tout ça émet des polluants et de l’humidité qui restent piégés entre vos murs. Surtout depuis qu’on isole mieux nos maisons.

Franchement, ouvrir vos fenêtres 10 minutes par jour ne résout rien. Vous évacuez un peu d’humidité, vous perdez beaucoup de chaleur, et deux heures après votre logement est de nouveau saturé. La réglementation française est claire sur ce point : conformément à l’arrêté du 24 mars 1982, la ventilation doit être générale et permanente. Pas ponctuelle.
Avant de vous lancer dans des travaux, il peut être pertinent de réaliser un audit de la qualité de l’air pour identifier précisément ce qui cloche chez vous. Chez certains de mes clients, le problème venait d’une hotte aspirante sans évacuation. Chez d’autres, d’une salle de bain aveugle sans aucune extraction.
VMC simple flux, double flux, hygroréglable : laquelle pour votre situation ?
Je vais vous épargner le cours technique. Trois technologies existent pour ventiler correctement un logement. Chacune a ses forces et ses limites selon votre situation. Selon les données tarifaires 2025 de Prix-Pose, les écarts de prix sont significatifs — et justifiés.
| Type VMC | Principe | Idéal pour | Budget moyen | Point fort |
|---|---|---|---|---|
| Simple flux autoréglable | Extraction permanente, débit fixe | Logement peu occupé, budget serré | 500 à 1 500 € | Coût d’entrée faible |
| Hygroréglable type B | Débit ajusté selon humidité | Maison familiale, occupation variable | 800 à 2 000 € | Économies d’énergie, confort |
| Double flux | Récupère jusqu’à 95% de la chaleur | Rénovation globale, logement bien isolé | 2 000 à 7 700 € | Performance énergétique maximale |

Mon avis tranché : pour 80% des logements que je visite, la VMC hygroréglable type B offre le meilleur rapport efficacité-investissement. Elle s’adapte automatiquement à l’occupation réelle des pièces. Quand personne n’utilise la salle de bain, le débit diminue. Quand vous prenez une douche, il augmente. Pas de gaspillage. Pour trouver le système adapté à votre configuration, vous pouvez explorer des solutions de ventilation performantes conçues sur mesure selon les spécificités de chaque logement.
La double flux, c’est le haut de gamme. Elle récupère la chaleur de l’air sortant pour préchauffer l’air entrant. Résultat : vous ne chauffez pas l’air froid de l’extérieur. Mais attention, elle n’a de sens que si votre logement est déjà bien isolé. Sinon, c’est mettre un turbo sur une voiture avec des pneus crevés.
Comment choisir selon votre situation ? Si votre logement date d’avant 1982 et n’a jamais été rénové, commencez par une hygroréglable type B : efficace, abordable, installation en 1-2 jours. Si vous prévoyez une rénovation énergétique globale avec isolation des combles et changement des fenêtres, là oui, la VMC double flux devient pertinente. Budget serré et logement peu occupé ? La simple flux autoréglable fait le minimum, mais vraiment le minimum.
Ce que j’observe sur le terrain : les erreurs qui ruinent vos efforts

Je ne vais pas vous mentir : les trois quarts des problèmes que je rencontre viennent d’erreurs simples. Des erreurs que vous faites peut-être en ce moment même.
L’erreur que je vois chaque semaine en intervention : Des propriétaires bouchent leurs entrées d’air pour éviter les courants d’air froids. Résultat ? Le taux d’humidité grimpe à 75-80% et les moisissures apparaissent en 6 à 12 mois. Ces petites grilles sur vos fenêtres ou vos murs ne sont pas décoratives : elles sont obligatoires pour que votre VMC fonctionne.
Dans mon activité de technicien ventilation en Essonne, je constate aussi que beaucoup de gens confondent aérateur de fenêtre et VMC. Un aérateur, c’est un ventilateur local. Ça brasse l’air humide d’une pièce. Ça ne le renouvelle pas. Une VMC, c’est un système global qui fait circuler l’air de vos pièces de vie vers les pièces humides, puis vers l’extérieur.
Le cas de Catherine à Étréchy
J’ai accompagné Catherine l’année dernière. Son pavillon des années 80 n’avait jamais eu de VMC. Elle avait fait poser des fenêtres PVC double vitrage — super pour l’isolation, catastrophique pour la ventilation puisque ça supprime les infiltrations d’air naturelles. Maux de tête récurrents, moisissures dans la salle de bain malgré un nettoyage mensuel. Elle pensait devoir investir dans une double flux à 5 000 €. Finalement, une VMC hygroréglable type B à 1 400 € a suffi. Trois mois après, son taux d’humidité est passé de 78% à 55%. Plus de condensation sur les fenêtres. Les moisissures ont disparu.
Autre erreur classique : ne jamais entretenir sa VMC. Les filtres encrassés, les bouches d’extraction pleines de poussière, le moteur qui tourne à vide. Selon le guide ADEME 2025 sur la ventilation, un nettoyage des bouches tous les 3 mois et une vérification annuelle du caisson sont le minimum. Sinon, votre VMC ne brasse plus rien.
Vos questions sur la ventilation et la qualité de l’air
Une VMC fait-elle du bruit ?
Une VMC correctement installée et dimensionnée produit un bruit discret, comparable à un réfrigérateur en fonctionnement. Si vous l’entendez fortement, c’est soit un problème de pose (caisson mal fixé, gaines coudées), soit un modèle sous-dimensionné qui force en permanence. Comptez entre 25 et 35 dB pour un équipement de qualité.
Combien coûte l’installation d’une VMC ?
Ça dépend du type. Une simple flux autoréglable tourne autour de 500 à 1 500 €. Une hygroréglable, entre 800 et 2 000 €. Une double flux, de 2 000 à 7 700 € installation comprise. Ces fourchettes incluent le matériel et la main-d’œuvre, mais varient selon la configuration de votre logement et la complexité du passage des gaines.
Quelles aides pour installer une VMC ?
MaPrimeRénov’ peut financer jusqu’à 2 500 € pour une VMC double flux, mais uniquement si vous la couplez avec au moins un geste d’isolation. Attention : le dispositif connaît des évolutions réglementaires en 2026. Le recours à un professionnel RGE est obligatoire pour bénéficier des aides. La TVA à 5,5% s’applique également sur les travaux de rénovation énergétique.
À quelle fréquence entretenir sa VMC ?
Nettoyez les bouches d’extraction tous les 3 mois : un coup d’aspirateur et un passage à l’eau savonneuse suffisent. Faites vérifier le caisson et les gaines une fois par an par un professionnel. Pour une double flux, le changement des filtres doit être fait tous les 6 mois à 1 an selon votre environnement.
VMC ou aérateur de fenêtre : quelle différence ?
Un aérateur de fenêtre brasse l’air localement. Il ne renouvelle rien. Une VMC crée une circulation continue : l’air frais entre par les pièces de vie, traverse le logement, et ressort par les pièces humides. C’est la seule façon de respecter les débits réglementaires imposés par l’arrêté du 24 mars 1982 : 45 à 135 m³/h pour une cuisine, 30 m³/h pour une salle de bain.
La prochaine étape pour vous : Avant d’appeler un installateur, mesurez votre taux d’humidité réel. Un hygromètre à 15 € suffit. Si vous dépassez régulièrement 60%, votre logement a besoin d’une ventilation mécanique. Si vous êtes en dessous, vérifiez d’abord que vos entrées d’air ne sont pas obstruées. Chaque situation mérite un diagnostic avant investissement.